Le jeu, pour qui ?

Le jeu, c'est un peu comme un petit beurre LU, ce n'est que pour les enfants.
FAUX !

Si tout le monde (ou presque) aime manger un petit écolier de temps en temps, tout le monde (ou presque) aime jouer !

Les adultes aussi ont droit au ludique et aux jeux de société pendant une formation.

L’âge n’est pas une limite. La limite est, je crois, plus personnelle et propre à chacun.


Dans cet article aujourd'hui, je vous propose un extrait de mon mémoire qui aborde cette question.


Jouer pour apprendre n’est pas réservé aux enfants ou aux adultes déjà convaincus et joueurs. Il est d’ailleurs possible qu’une personne joueuse n’accepterait pas l’idée de jouer en formation. H. Silva (2008 : 28 - 34) mentionne plusieurs écueils associés à l’utilisation des supports ludiques chez le formateur et l’apprenant. Nous retenons la déstabilisation et l’insécurité face à un outil non-conventionnel, le manque de sérieux, la perte de temps et ajoutons le préjugé de la puérilité. C. Barthelemy-Ruiz (1993 : 78)  évoque ainsi le fait, dans certaines formations pour adultes, de « cacher » le mot jeu sous des réalités diverses. Le terme n’est parfois pas mentionné alors que sont mises en pratique des techniques correspondant à des critères ludiques. La tendance générale est d’opposer le jeu au travail et si l’utilité des jeux éducatifs pour les enfants est largement acceptée, les sceptiques sont plus nombreux envers les jeux adressés aux adultes. Lorsque ce type d’activité est utilisé dans une démarche pédagogique et afin de supprimer cette connotation, on parle aujourd’hui de « jeux sérieux ».


Par ailleurs, C. Barthelemy-Ruiz mentionne que « les produits ludiques sont mieux acceptés dans les milieux où on a l’habitude d’un certain brassage culturel » c’est-à-dire où les individus sont plus décontractés et ouverts à des approches différentes (1993 : 74). On retrouve ici l’idée de culture ludique, de fonction sociale du jeu et l’importance des représentations personnelles sur le jeu. En classe de langue, la définition et ainsi la place du jeu ne sera pas considérée de la même manière selon les pays d’origine des participants.

[…] [Le jeu implique un nouveau comportement, une attitude particulière.] C’est donc pendant l’acte de jouer que l’on peut découvrir un nouveau visage chez l’apprenant pendant l’activité ludique, devenant apprenant-joueur. Ne parlons-nous pas de « mauvais joueur » ou « mauvais perdant » ? Notre expérience d’enseignante et de joueuse nous laisse en effet croire que de nombreux éléments psychologiques et affectifs sont impliqués dans l’acte de jouer. […]


Il convient, pour le formateur inspiré par le ludique, de ne pas s’arrêter à l’âge et au niveau de son public, aux potentielles difficultés doxiques ou au caractère spécifique d’un apprenant « mauvais perdant ». Selon nous, il doit avoir conscience des problèmes potentiels que peut soulever le jeu tout en sachant y remédier; ou du moins, y faire face.


… et c’est là que je vous invite à lire l’article « Le jeu, comment ? »


BARTHÉLÉMY-RUIZ, C. (1993). Le jeu et les supports ludiques en formation d’adultes. Paris : Les Éditions d’Organisation.

SILVA, H. (2008). Le jeu en classe de langue. Paris : CLE International

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